Luna y Sol
Jour et nuit, blanc et noir, bien et mal, ici et ailleurs, aimer et haïr ...
parce que rien n'existe sans son contraire ...
Un espace de vie où vivent et s'harmonisent sans se contredire, sans se contrarier, sans contrainte ... tous les contraires ...
Un espace de mots, de regards, de tout et de rien ... de coups de coeur et de coups de gueule ... les miens, les vôtres pour en faire les nôtres ...
Rêver un peu, cela n'engage à rien
Poser la main sur une épaule
Se murmurer des choses drôles
Chantonner des refrains.
Et tant à découvrir dans tous nos univers
Qui se croisent parfois
Mais qu'on marche à l'envers ou que l'on s'entrecroise
On se sentira mieux.
Et quand rien ne va plus
Se raccrocher à presque rien
C'est presque rien l'espoir
Une invention bizarre
Espérer c'est désespérer
C'est déjà n'être pas certain
Alors continuer sans y penser vraiment.
Courir pas toujours droit
Mais tenter d'être
Toujours ce qu'on croit.
Matthias Vincenot

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ;
Ils dorment au fond des tombeaux
Et le soleil se lève encore.Les nuits plus douces que les jours
Ont enchanté des yeux sans nombre ;
Les étoiles brillent toujours
Et les yeux se sont remplis d'ombre.Oh ! qu'ils aient perdu le regard,
Non, non, cela n'est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
Vers ce qu'on nomme l'invisible ;Et comme les astres penchants
Nous quittent, mais au ciel demeurent,
Les prunelles ont leurs couchants,
Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent :Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
Ouverts à quelque immense aurore,
De l'autre côté des tombeaux
Les yeux qu'on ferme voient encore.Sully Prudhomme, 1839-1908
Les petites douleurs nous font parler,
les grandes nous rendent muets.
(Seneque)








