Luna y Sol
Jour et nuit, blanc et noir, bien et mal, ici et ailleurs, aimer et haïr ...
parce que rien n'existe sans son contraire ...
Un espace de vie où vivent et s'harmonisent sans se contredire, sans se contrarier, sans contrainte ... tous les contraires ...
Un espace de mots, de regards, de tout et de rien ... de coups de coeur et de coups de gueule ... les miens, les vôtres pour en faire les nôtres ...
Aube
Aube de la ville qui sétire dans la brume.
Aube des « haleines vives et tièdes » du petit matin.
Aube du cur, aussi.
Quand il délie ses poings pour aimer.
Aube du regard.
Quand il se lave pour mieux voir.
Aube de celui qui invente et qui ose, qui se lève,
Pour se risquer.
Aube espérance.
Quand tout est à faire, encore.
Aube naissance. Enfin !
(...)

La joute des mots
se joue de mes maux.
Les mots écrits sont maudits,
je démolis ces mots dits.
Car, quimporte linfortune,
je porte un trésor
croisé sous un costume.
Nest posthume que mon corps.
Les verbes sont rares
qui servent bien le vers
et qui bercent le regard
de belles perles de mer.
La vie, par des rimes,
rythme la poésie.
Mais ne touche les cimes
que lenvie de pause ici.
Alors jaccroche la veste
sur le mur du silence.
Sans reproche du geste
si sûr de cette jouissance.
Comprenez bien ces mots
détenus dans cette prison :
la plume est un barreau,
la clef est " vivons ! "

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.
Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et lhorreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
Sils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent sendormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Charles Baudelaire
Les fleurs du Mal







